La gestion des transports et les TMS

Les TMS, ou Transport Management System, sont arrivés sur le marché il y a 15 ans.  Si le besoin est bien présent, l’offre, quant à elle, n’est pas encore aussi structurée et homogène que pour le marché du WMS (Warehouse Management System).

La couverture fonctionnelle diffère fortement d’un éditeur à un autre, même si un dénominateur commun commence à s’esquisser. Alors que l’offre est importante, la mise en œuvre de ce progiciel est encore inégalement représentée. Il faut en effet distinguer le monde des transporteurs et celui des chargeurs. Les métiers sont différents et en conséquence, les attentes et les besoins ne correspondent pas forcément.

Quoiqu’il en soit, le dénominateur commun reste le transport. Et s’il est évident que pour les transporteurs, le transport est leur cœur de métier, les chargeurs ne sont pas moins concernés car le transport, dernier maillon de la chaîne, est également au cœur même de la Supply Chain. On peut certainement faire la même remarque pour l’ensemble des services qui constituent la chaîne d’approvisionnement, mais la part du coût transport est un véritable enjeu, puisque celui-ci représente 50 % du budget total des chargeurs. De ce fait, la maîtrise et l’optimisation des coûts ainsi que la qualité du service rendu deviennent des enjeux essentiels pour les chargeurs, qui s’intéressent de plus en plus à des systèmes de gestion de transport.

L’ère du TMS
« Le réel intérêt des clients à se tourner vers des solutions d’aide au transport date des années 2008-2009, avec l’arrivée de la crise »  constate Jean Arnaud, responsable grands comptes chez Transporéon.  Si aujourd’hui les transporteurs tous équipés de solutions transport à couverture plus ou moins large, on estime que le taux de réponse au besoin de transport des chargeurs est relativement faible, entre 15 et 25 % selon les sources.  Les chargeurs représentent aujourd’hui le marché le plus intéressant pour les éditeurs de TMS. Plusieurs études annoncent en effet un taux d’équipement pour les chargeurs qui passera de 15 à 50 % d’ici fin 2015.  Une étude, menée début 2012 auprès d’une centaine de directeurs de Systèmes d’Information et de directeurs logistiques de grands groupes internationaux, dévoile également que 60 % d’entre eux ont placé une ligne d’investissement sous une forme ou une autre dans le volet informatique / transport pour l’année à venir.  « Les deux raisons principales de l’intérêt croissant pour les TMS sont bien sûr la recherche d’économies financières et l’objectif d’améliorer le niveau de service offert, mais on peut aussi parler d’un besoin accru en termes de collaboration entre les acteurs de la Supply Chain. Le besoin croissant d’échanges opérationnels pour le pilotage de l’activité entre les processus du transport et de l’entrepôt y est également pour beaucoup », observe Fabien Petitjean, consultant Supply Chain Management chez Acteos.
Globalement, les solutions TMS s’adressent à deux cibles : les transporteurs (ou organisateurs de transport) et les chargeurs (des industriels ou des distributeurs ayant du fret à acheminer), ces derniers constituant le marché le plus dynamique. Selon Florent Boizard, responsable consulting et innovations logistiques chez Hardis, le distinguo entre transporteurs et chargeurs ne suffit pas, car « les besoins clients sont différents et en conséquence, les solutions, liées au secteur d’activité, au mode de transport ou au périmètre concerné le sont également ». On peut identifier jusqu’à huit marchés spécifiques : « Les transporteurs messagerie, qui se développent avec l’e-commerce, se distinguent des transporteurs de lots, des commissionnaires de transport ainsi que des transitaires internationaux. Quant aux chargeurs, les solutions proposées sont adaptées aux spécificités : un industriel qui fait de la messagerie (e-commerce, pièces de rechanges, textile..), un distributeur ou un industriel qui réalise du multimodal, des chargeurs qui ont une flotte dédiée  ou qui pratiquent de l’achat grand export » précise Florent Boizard.
Les fonctionnalités
Les éditeurs de TMS proposent, de façon plus ou moins homogènes, 4 fonctionnalités essentielles : l’exécution du transport, la pré-facturation transport, le suivi des budgets et la mesure de la performance transport, répondant  aux attentes clients, qui sont de 3 ordres : opérationnelle, tactique et stratégique.
Exécution rime avec pré-facturation, suivi d’expédition et optimisation
D’un point de vue opérationnel, la fonction la plus demandée est la pré-facturation. Cette fonctionnalité valorise en instantané les lignes transport réalisées par les transporteurs. La pré-facturation permet ainsi un alignement entre chargeurs  et transporteurs sur le montant des prestations réalisées en amont de la facturation. Outre l’intérêt de la fiabilité et de la réactivité liées à cette fonctionnalité du TMS, la législation de l’écotaxe, plusieurs fois repoussée et reportée à juillet 2013, va certainement conforter l’attrait des chargeurs pour le contrôle des factures. La liberté laissée aux transporteurs sur la refacturation des kilomètres à vide laisse en  effet présager que les chargeurs vont s’intéresser de plus près au calcul de l’écotaxe et donc aux modules de pré-facturation.
Au niveau de l’exécution du transport, l’éditeur grenoblois Hardis, a annoncé au mois de mars la mise à disposition d’un tout nouveau moteur de groupage, qui  « permet d’automatiser la constitution des groupages, d’optimiser le taux de remplissage des véhicules affrétés et de réduire les coûts de transport. Grâce à un algorithme qui tient compte des contraintes de capacité des véhicules, des impératifs de date mais aussi du temps alloué pour effectuer le calcul, le logiciel Reflex TMS trouve la solution de groupage la plus économique » ajoute Florent Boizard.
« En termes de tracking, ou suivi des expéditions, les besoins diffèrent d’un client à l’autre, allant d’une simple confirmation d’expédition (sortie entrepôt ou enlèvement chez un fournisseur ou un client) ou de livraison à un « track & trace » précis et évolué. Parallèlement, certains chargeurs souhaitent davantage gérer l’organisation de leurs transports, en construisant des tournées enchaînées ou en mettant en place des flux triangulaires, avec une logique de transporteur, afin de minimiser les kilomètres à vide, mais sans pour autant aller jusqu’à la gestion sociale ou aux fonctions de maintenance d’une flotte de véhicules, propres aux TMS transporteurs.


Découvrez la suite de ce dossier spécial dans le magazine TRANSPORTS ET LOGISTIQUE de juin 2012


Interviews de Fabien Petitjean, consultant Supply Chain Management chez Acteos, Florian Boizard, responsable consulting et innovations logistiques chez Hardis, Jean Arnaud, responsable grands comptes chez Transporéon, Didier Parise, Directeur Transports France du groupe Carrefour par Blandine BERGERET.


Blog de Blandine Bergeret : http://supplychainplanet.free.fr/index.html

 

Offre TMS Hardis Group

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